


Merlin ou la Terre dévastée est un vaste conte théâtral. La pièce d’un auteur qui a traversé le siècle dernier. Elle est riche d’influences, entre Shakespeare et les Monthy Python .
Tankred Dorst compare notre monde à “une terre dévastée”. Chaque époque connaît ses crises politiques, humaines et économiques qui nous amènent à construire « un monde meilleur », croire en une nouvelle utopie. Refaire l’Eden : tel est l’enjeu à chaque fois. Car ce que reconstruit l’homme de l’utopie rappelle le lieu dont son ancêtre fut chassé, l’espace clos du bonheur inaltérable : le paradis.
Dans l’histoire de Merlin ou la Terre dévastée, nous avons pensé que cette bande de chevaliers, ce pouvait être nous, notre collectif, notre désir de vivre, de penser, de croire et de créer ensemble.
Poursuivre cette quête à chaque spectacle, et espérer à chaque représentation atteindre notre Graal : cette communion sensible entre le public, l’œuvre et nous.
Chez Tchekhov et Lagarce, il fallait en passer par la parole, l’intime de la parole, pour atteindre à l’émotion des corps, une façon de tendre à l’universel. Chez Dorst, le trajet semble inverse : nous devrons passer par les pulsions des corps pour atteindre à l’intime de la parole, autre façon de tendre à l’universel. À une époque où tout s’analyse et se comprend, il me semblait nécessaire et rafraîchissant de se plonger dans un théâtre instinctif, où la vie est avant tout une réalité à éprouver. Et par la même occasion, redonner à ces mots-là instinct, pulsion, une signification moins péjorative qu’aujourd’hui, une légitimité civilisante. Chaque homme porte en lui, à égalité, une part d’humanité et d’inhumanité. C’est de ça aussi dont parle Merlin.., les forces de construction et de destruction qui sont à l’oeuvre en chacun de nous et qui font de nous des êtres, par essence, fondamentalement bons et mauvais.
Il y a aussi du jeu dans Merlin ou la Terre dévastée, du jeu théâtral, du théâtre dans le théâtre, comme on dit. Du jeu au sens noble, pur et archaïque du terme. Nous réaffirmerons la place essentielle qu’occupe l’acteur dans le théâtre qu’on se propose et nous réinterrogerons les relations multiples qu’il doit entretenir avec le public et son partenaire, en fonction de la singularité du texte choisi. Par exemple, nous ne ferons pas croire aux spectateurs que nous sommes ailleurs qu’au théâtre et que nous autres acteurs nous ne sommes qu’occasionnellement des personnages. Abolir ce mensonge-là, sera aussi une façon de rétablir, non pas une vérité, mais une forme de croyance. Pas seulement que les spectateurs voient et entendent ça, du « théâtre », mais qu’ils y croient. Qu’ils y croient comme à une autre réalité, à une autre possibilité de la vie. Parce que, comme dirait l’autre, la vraie vie est ailleurs...
Rodolphe Dana
d’après Merlin ou la terre dévastée de Tankred Dorst
avec la collaboration de Ursula Ehler
traduction Hélène Mauler et René Zahnd / L’Arche éditeur
création collective du Collectif Les Possédés dirigée par Rodolphe Dana :
scénographie, costumes et lumière Katrijn Baeten et Saskia Louwaard
régie générale et lumière Wilfried Gourdin
assistante mise en scène Pauline Ringeade
assistante costumes Sara Bartesaghi Gallo / Anne Begoc
stagiaire scénographie et costumes Elsa Dray-Farges
avec
Nadir Legrand : Mordret, le Roi d’Ecosse
David Clavel : le Roi Arthur
Rodolphe Dana : Merlin
Katja Hunsinger : Morgane, Yseult, Hélène, la Demoiselle d’Astolat, Viviane
Christophe Paou : Perceval, Agravain
Julien Chavrial : Lancelot
Marie-Hélène Roig : la Reine Guenièvre
Laurent Bellambe : Kaï, le Diable, Gahériet
Françoise Gazio : Morgause, Jeschute, Hercéloide, la narratrice
Simon Bakhouche : Blaise, Hector, Lamorak, Yder
Gilles Ostrowsky : Gauvain
Antoine Kahan : Gareth l’enfant, le Roi de Cornouailles
production : Collectif Les Possédés
coproduction : La Ferme du Buisson - Scène nationale de Marne-la-Vallée, Le Nouveau Théâtre d’Angers (Le Quai), Le Bateau Feu, Scène nationale de Dunkerque, le Théâtre de Nîmes, La Colline, Théâtre National et Arcadi.
soutiens : DRAC Île-de-France, Conseil Général de Seine-et-Marne
avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.
Production/diffusion : Made In Productions
Le Collectif Les Possédés est associé à La Ferme du Buisson, Scène nationale de Marne-la-Vallée.
2011
les 25 et 26 janvier : Théâtre Forum-Meyrin (Suisse)
les 9 et 10 février : Le Quartz, Scène nationale de Brest
les 24 et 25 février : L’Espal, Scène conventionnée de la Ville du Mans
le 1er avil : ACB, Scène nationale de Bar-le-Duc
les 7 et 8 avril : Equinoxe, Scène nationale de Châteauroux
les 19, 20 et 21 avril : CDDB Théâtre de Lorient, Centre dramatique national
les 26 et 27 mai : Théâtre de Nîmes
2010
Le 8 janvier : Théâtre Firmin-Gémier/Anthony
du 12 au 15 janvier : La Rose des Vents, Scène nationale de Lille Métropole / Villeneuve d’Ascq
du 21 au 23 janvier : Bateau Feu, Scène nationale de Dunkerque
du 27 janvier au 3 février : Nouveau Théâtre d’Angers / Le Quai
du 2 au 6 mars : La Comédie de Clermont-Ferrand
du 11 au 13 mars : Théâtre Garonne à Toulouse
16 et 17 mars : Théâtre de l’Union à Limoges en co-réalisation avec le Centre Culturel Jean Gagnant
2009
Création du 7 au 15 novembre à La Ferme du Buisson
du 20 novembre au 19 décembre au La Colline - Théâtre national
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